Bureau des plaintes


N'hésitez pas, vous aussi, à vous plaindre de votre période de chômage.


14·05·2026

J'ai récemment postulé pour être professeur des écoles contractuel. J'ai passé l'entretien et tout. J'ai eu 14/14 à des questions de culture générale à la con et en QCM où on te demande : "Qui a écrit les misérables ?", "A combien d'années correspondent un siècle ?" (OUI, SERIEUSEMENT). C'était en désespoir de cause. J'aime franchement bien m'occuper des gosses et leur apprendre des trucs. Mais j'ai un master de sociologie et un autre d'aménagement du territoire. Rien à voir, quoi.

Mon rêve c'était de faire de la recherche. J'ai eu des mentions à mes ptits diplômes, hein : B, TB... Mais pas réussi à décrocher un contrat doctoral. ça se joue à peu ce truc. Une fois, pour une étude financée en partie par le CNRS, pour laquelle j'avais passé un mois à préparer l'entretien, j'ai reçu un message commençant par "Nous avons le plaisir de vous annoncer que..." alors j'ai retenu mon souffle... Mais la suite, c'était :"vous avez été classée 3eme sur l'offre de these CNRS. Votre candidature était très intéressante, mais nous avons privilégié une candidate ayant plus d'expérience sur le sujet."

Et voilà, c'est tout. On bosse un mois sur un sujet pour avoir le plaisir d'être troisième et ne pas avoir de taf. Rater des opportunités de stage ou d'autres emplois, et ça pour faire ce qu'on rêve de faire... Et on perd du temps, de la thune et sa santé mentale pour espérer rêver d'être chercheur.

Alors, c'est pour ça que j'ai postulé pour être prof des écoles.

Et vous ? Vous pensez quoi du fait d'abandonner ses rêves pour préserver sa santé mentale ? Est-ce que ça vous est arrivé ?


12·05·2026

Est-ce que vous vous évaluez par rapport au contrat de travail que vous avez signé ? Moi oui. Je sais c'est con. Mais j'ai bossé des années pour espérer un jour avoir un super taf. Malheureusement, j'en ai aucun en ce moment. Ah ! Si. Un job de baby-sitter dans un truc à la con qui m'a dit qu'une famille m'appellerait, sauf qu'elle m'a jamais appelé. J'ai aussi essayé de donner des cours du soir, mais on m'a pas pris parce que j'ai accepté un entretien le jour même sans avoir révisé comment accorder un participe passé en proposition subordonnée COD ou COI... Bref, je me suis foiré. On m'a proposé de rester dans un centre de loisirs après un stage. Mais pour voir les collègues crier sur les gosses sans pouvoir dire que c'est de la merde parce qu'ils sont là depuis vingt ans, pas question.

Donc finalement, rien.

Vous allez me dire : non mais pourquoi tu cherches pas un taf en rapport avec tes masters ?! La réponse est : on ne me répond pas non plus. Collectivités territoriales, cabinets de conseil, associations... On m'accepte que pour bosser gratuitement, ou avec des contrats ultra-précaires. Voire, la blague, en tant qu'auto-entrepreneur, parce que finalement, pourquoi se faire chier avec des salariés ?

J'ai lu une super statistique récemment, découverte lors d'une énième visio avec un conseiller a k s i s :

"Jeunes diplômés, -1 an d'expérience : -16% d'embauches."

Comme pleins de gens de ma génération (the milleniallllssss), j'ai cru au baratin qu'on nous a servi. Faire des études, faire ce qui nous plait, trouver un taf dans le domaine, et vivre mieux que ses parents ouvriers qui se tuent le dos. Ca fait rêver.

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